Mission 2009

  La mission de Lumières partagées qui a eu lieu en avril 2009 a été très riche. Le 14 avril, notre équipe de onze personne arrivait à Cotonou. Notre équipe, caractérisée par son déterminisme et sa motivation, était composée de : deux lycéens : Vincent et Charly trois étudiants : Hakim, Yohan, Rémi, Xavier, ancien élève et maintenant formateur en prévention des risques nucléaires James, l’homme du rangement et de la récupération, dépositaire du trésor de guerre Lionel, le « petit nouveau » Marc, le magicien blanc deux femmes (c’est bien utile !), Christiane, qui tient les cordons de la bourse et Francine, présidente de l’association et grande observatrice sous le manguier de la brousse Pendant notre épopée, la chaleur ne nous quittera que le temps de deux orages, à qui nous rendrons grâce d’avoir fait baisser la température et d’avoir apporté la grêle, annonciatrice de la saison des pluies. Pour ce qui est de la météo justement, les températures plafonnaient entre 40 et 43°C. En permanence sous un immense ciel bleu, avec une chaleur lourde et intense, les journées ont été parfois difficiles. Surtout que la poussière rend la brousse encore plus sèche. Maintenant que la question de la météo a été abordée, c’est de notre action au Bénin que nous allons discuter : si nos journées sont longues et fatigantes jusqu’à la tombée de la nuit, elles n’en sont pas moins riches en émotions. Notre expédition a permis à six salles d’écoles primaire d’être équipées d’éclairage solaire : il s’agit des écoles de Koutagou, Koutchagou, Koumatié, Dimansouri, Dikomini et Korontière. L’école de Dimantodomi a reçu de notre association et de ses partenaires une dizaine de lampes à pétrole. Pendant notre mission, nous avons également réalisé la maintenance et la révision des installations posées précédemment au collège de Manta, au centre de santé de Natta, aux écoles de Koukoua, Koupagou et Koudahongou. Ces missions ont fort heureusement été menées à bien, même si notre séjour n’a pas été de tout repos. Pour relier les lieux de missions entre eux, notre autobus empruntait les pistes qui serpentait à travers le pays. Ces pistes sont très souvent gâtées et même parfois impraticables. Si c’est toujours le terrain qui commande, malgré les secousses et les nombreux « embourbages », nous sommes toujours arrivés à bon port. Ainsi, à l’arrivée, les populations sont toujours là, laissant leurs travaux pour nous accueillir, à suivre les chantiers, à s’étonner de nos allures et comportements, curieux de nos outils et toujours émerveillés de voir la lumière qui s’allume pour la première fois. Leurs sourires marqueront de façon indélébile nos mémoires et apporteront une touche de chaleur humaine à nos journées. Les béninois ont chaque jour été heureux de nous recevoir et de nous remercier avec des pintades, des oeufs, des céréales et surtout de nous fêter par des chants et des danses qui dureront parfois jusqu’au bout de la nuit accompagnés du tchouk, leur boisson locale. Et que c’est beau une salle de classe éclairée la nuit au milieu de la brousse … Nous pensons à l’évêché de N’Dali, Monseigneur Martin Adjou, infatigable homme qui recueille les orphelins, les enfants abandonnés et les condamnés à mort à cause des croyances. Nous pensons à l’orphelinat de Ouènou, où ils sont cent cette année. Cent filles et garçons à recevoir les soins des sœurs, et à grandir sans famille. Les quatre dortoirs , le réfectoire, la salle d’étude, la pharmacie et la paillote ont été équipés et révisés, et à l’évêché, c’est la salle d’étude, le réfectoire et la chapelle qui ont pu être équipés. Ils nous attendent d’année en année chaleureux, heureux de nous revoir, de s’agripper à nous et de mettre au défi le « magicien blanc ». Et la promesse de revenir l’année prochaine, car justement, il reste tellement à faire … Sur la route, il y a eu la rencontre avec le docteur Krystel Faidherbe à Kotopounga, les handicapés mentaux de l’orphelinat de Vidjigni, que nous voudrions tant aider pour une prochaine mission. Et toutes sortes de lumières à partager …

Impressions après un premier voyage au Bénin, par Lionel Saucède

 

Revenu depuis peu de son expédition au Bénin en avril 2009, Lionel Saucède, le « petit nouveau » de l’équipe, revient sur les moments extraordinaires qu’il a vécu là-bas.

 » Partir au Bénin, c’est voyager dans l’espace mais aussi dans le temps.

C’est voir l’état de pauvreté et de dénuement dans lesquels la population vit.

C’est être confronté à nos responsabilités, passées et présentes.

C’est vivre un peu cette misère.

C’est comprendre, par exemple, le confort d’une simple douche après s’être lavé pendant une semaine avec un seau et un bol.

C’est voir de façon tangible les inégalités insupportables de notre monde.

C’est voir aussi leur dignité face à cette injustice.C’est voir leur force, leur joie de vivre, leur spontanéité, leur beauté.

C’est ressentir la chaleur et la sincérité des relations.

C’est retrouver l’essence de la vie.

C’est remettre les choses à leur juste place, retrouver le sens des priorités et un rythme qui semble si naturel.

C’est faire de belles rencontres avec des gens qui ont la force de leur engagement.

C’est donner peu et beaucoup à la fois.

C’est se souvenir de l’accueil chaleureux, des danses et des chants, de l’évènement que représente notre venue, de cette phrase : « grâce à cette installation (quatre néons dans une salle de classe…) notre village devient une ville ».

C’est se rappeler des orphelins s’agrippant à nous le jour de notre arrivée.

C’est l’espoir d’avoir éveillé des consciences parmi les élèves venus avec nous. Et celui d’avoir participé, ne serais-ce qu’un peu, aux changements de ce pays.

C’est partir en sachant que le rythme de notre vie nous rattrapera très vite, que l’on perdra à nouveau le sens de l’essentiel, mais que, malgré tout, un bout d’Afrique restera en nous.

C’est s’en aller en sachant que l’on laisse quelque chose derrière nous : pas seulement de l’éclairage ou du matériel … »

Lionel Saucède