Témoignage de Thomas, parti en mission en octobre 2013

  « Quand j’ai appris que j’allais partir au Bénin avec Lumières Partagées, j’ai tout de suite eu deux sentiments opposés. D’un côté, une réelle joie de découvrir pour la 1 ère fois l’Afrique et de pouvoir participer à cette très belle mission qui consiste à apporter de l’éclairage solaire dans les écoles les plus reculées. Pour un fervent partisan de l’énergie solaire, on ne peut rêver mieux! D’un autre côté et comme dans toute 1 ère fois, j’ai eu peur de ne pas être à la hauteur de la mission qui m’était confiée, de ne pas supporter l’environnement local qui peut sembler quelque peu hostile vu de France (chaleur, risque de paludisme et divers problèmes de santé). Une fois arrivé dans la 1 ère école, tous ces à priori ont disparu grâce à l’accueil et aux sourires des enfants. Que demander de plus comme remerciement du travail accompli que ces témoignages de joie de la part des enfants, des directeurs d’école et des parents ! Merci à toute à l’équipe de Lumières Partagées pour ces belles rencontres à l’extérieur comme à l’intérieur du groupe. Nos échanges avec des personnes exceptionnelles comme le docteur Faidherbe ou Augustin, qui font beaucoup pour aider les autres, m’ont fait prendre conscience des vrais enjeux locaux : la santé et l’éducation des enfants. En résulte une grande motivation pour contribuer à les aider afin qu’ils puissent continuer leurs actions. Pour moi, cette mission aura été une vraie prise de conscience des besoins Béninois (eau, électricité, éducation…) et une grande source de motivation pour le futur. J’encourage donc toute personne en ayant la possibilité à prendre part à une prochaine mission de Lumières Partagées. Partir avec une équipe aussi structurée, c’est la garantie d’une expérience réussie ! Au retour de toute façon, on n’a plus qu’une seule envie : y retourner dès que possible…»

Mission 2009

  La mission de Lumières partagées qui a eu lieu en avril 2009 a été très riche. Le 14 avril, notre équipe de onze personne arrivait à Cotonou. Notre équipe, caractérisée par son déterminisme et sa motivation, était composée de : deux lycéens : Vincent et Charly trois étudiants : Hakim, Yohan, Rémi, Xavier, ancien élève et maintenant formateur en prévention des risques nucléaires James, l’homme du rangement et de la récupération, dépositaire du trésor de guerre Lionel, le « petit nouveau » Marc, le magicien blanc deux femmes (c’est bien utile !), Christiane, qui tient les cordons de la bourse et Francine, présidente de l’association et grande observatrice sous le manguier de la brousse Pendant notre épopée, la chaleur ne nous quittera que le temps de deux orages, à qui nous rendrons grâce d’avoir fait baisser la température et d’avoir apporté la grêle, annonciatrice de la saison des pluies. Pour ce qui est de la météo justement, les températures plafonnaient entre 40 et 43°C. En permanence sous un immense ciel bleu, avec une chaleur lourde et intense, les journées ont été parfois difficiles. Surtout que la poussière rend la brousse encore plus sèche. Maintenant que la question de la météo a été abordée, c’est de notre action au Bénin que nous allons discuter : si nos journées sont longues et fatigantes jusqu’à la tombée de la nuit, elles n’en sont pas moins riches en émotions. Notre expédition a permis à six salles d’écoles primaire d’être équipées d’éclairage solaire : il s’agit des écoles de Koutagou, Koutchagou, Koumatié, Dimansouri, Dikomini et Korontière. L’école de Dimantodomi a reçu de notre association et de ses partenaires une dizaine de lampes à pétrole. Pendant notre mission, nous avons également réalisé la maintenance et la révision des installations posées précédemment au collège de Manta, au centre de santé de Natta, aux écoles de Koukoua, Koupagou et Koudahongou. Ces missions ont fort heureusement été menées à bien, même si notre séjour n’a pas été de tout repos. Pour relier les lieux de missions entre eux, notre autobus empruntait les pistes qui serpentait à travers le pays. Ces pistes sont très souvent gâtées et même parfois impraticables. Si c’est toujours le terrain qui commande, malgré les secousses et les nombreux « embourbages », nous sommes toujours arrivés à bon port. Ainsi, à l’arrivée, les populations sont toujours là, laissant leurs travaux pour nous accueillir, à suivre les chantiers, à s’étonner de nos allures et comportements, curieux de nos outils et toujours émerveillés de voir la lumière qui s’allume pour la première fois. Leurs sourires marqueront de façon indélébile nos mémoires et apporteront une touche de chaleur humaine à nos journées. Les béninois ont chaque jour été heureux de nous recevoir et de nous remercier avec des pintades, des oeufs, des céréales et surtout de nous fêter par des chants et des danses qui dureront parfois jusqu’au bout de la nuit accompagnés du tchouk, leur boisson locale. Et que c’est beau une salle de classe éclairée la nuit au milieu de la brousse … Nous pensons à l’évêché de N’Dali, Monseigneur Martin Adjou, infatigable homme qui recueille les orphelins, les enfants abandonnés et les condamnés à mort à cause des croyances. Nous pensons à l’orphelinat de Ouènou, où ils sont cent cette année. Cent filles et garçons à recevoir les soins des sœurs, et à grandir sans famille. Les quatre dortoirs , le réfectoire, la salle d’étude, la pharmacie et la paillote ont été équipés et révisés, et à l’évêché, c’est la salle d’étude, le réfectoire et la chapelle qui ont pu être équipés. Ils nous attendent d’année en année chaleureux, heureux de nous revoir, de s’agripper à nous et de mettre au défi le « magicien blanc ». Et la promesse de revenir l’année prochaine, car justement, il reste tellement à faire … Sur la route, il y a eu la rencontre avec le docteur Krystel Faidherbe à Kotopounga, les handicapés mentaux de l’orphelinat de Vidjigni, que nous voudrions tant aider pour une prochaine mission. Et toutes sortes de lumières à partager …

Impressions après un premier voyage au Bénin, par Lionel Saucède

 

Revenu depuis peu de son expédition au Bénin en avril 2009, Lionel Saucède, le « petit nouveau » de l’équipe, revient sur les moments extraordinaires qu’il a vécu là-bas.

 » Partir au Bénin, c’est voyager dans l’espace mais aussi dans le temps.

C’est voir l’état de pauvreté et de dénuement dans lesquels la population vit.

C’est être confronté à nos responsabilités, passées et présentes.

C’est vivre un peu cette misère.

C’est comprendre, par exemple, le confort d’une simple douche après s’être lavé pendant une semaine avec un seau et un bol.

C’est voir de façon tangible les inégalités insupportables de notre monde.

C’est voir aussi leur dignité face à cette injustice.C’est voir leur force, leur joie de vivre, leur spontanéité, leur beauté.

C’est ressentir la chaleur et la sincérité des relations.

C’est retrouver l’essence de la vie.

C’est remettre les choses à leur juste place, retrouver le sens des priorités et un rythme qui semble si naturel.

C’est faire de belles rencontres avec des gens qui ont la force de leur engagement.

C’est donner peu et beaucoup à la fois.

C’est se souvenir de l’accueil chaleureux, des danses et des chants, de l’évènement que représente notre venue, de cette phrase : « grâce à cette installation (quatre néons dans une salle de classe…) notre village devient une ville ».

C’est se rappeler des orphelins s’agrippant à nous le jour de notre arrivée.

C’est l’espoir d’avoir éveillé des consciences parmi les élèves venus avec nous. Et celui d’avoir participé, ne serais-ce qu’un peu, aux changements de ce pays.

C’est partir en sachant que le rythme de notre vie nous rattrapera très vite, que l’on perdra à nouveau le sens de l’essentiel, mais que, malgré tout, un bout d’Afrique restera en nous.

C’est s’en aller en sachant que l’on laisse quelque chose derrière nous : pas seulement de l’éclairage ou du matériel … »

Lionel Saucède

Projets 2009

L’association « Lumières Partagées » œuvre entre autres pour le développement de l’éducation et de la santé dans les régions de brousse du Bénin. Lors de ses missions précédentes, l’association a équipé de nombreuses salles de classe en éclairage solaire ainsi qu’un dispensaire, un internat et un orphelinat. Aujourd’hui, deux projets sont à l’étude, dont un totalement innovant par rapport à nos actions passées : le purificateur d’eau et les lampadaires solaires. La particularité de notre association est que nous amenons, lors de nos missions, des élèves ou des étudiants de lycées ou d’autres centres de formation (Marseille ou alentours) pour réaliser la pose de notre matériel. Lumières partagées s’affranchit donc à la fois d’une mission humanitaire et d’une mission pédagogique. Nos étudiants sont d’autant plus impliqués qu’ils participent à l’élaboration des installations dans le cadre de leur projet de fin d’étude.

Mission 2008

   Notre mission commence le 2 avril 2008 à l’aéroport de Marseille Provence, avec une équipe composée de sept étudiants (BTS électrotechnique et Technico-commercial) et de quatre accompagnateurs. Après un transit par l’aéroport Charles de Gaulle, notre arrivée s’est faite 6h plus tard à Cotonou. Premier choc en descendant de l’avion sur le tarmac : 35 °C, très humide, l’air semble épais, les élèves sont très surpris et nous nous demandons tous comment nous allons réussir à nous y habituer pour mener à bien notre mission. Deuxième surprise, les bagages ne sont pas arrivés pour neuf d’entre nous. C’est la deuxième fois que nous y sommes confrontés, à cette attente devant le tourniquet à bagages. Amusés au début, nous le sommes un peu moins quand ce dernier s’arrête au bout d’une heure … Le prochain vol en provenance de la France est dans 3 jours : nous voilà coincés à Cotonou pour 3 jours, sans affaires. Les plus prudents, anciennes victimes d’Air-France, avaient prévus un nécessaire de 1er secours dans leur bagage cabine. Les autres ont été plutôt très embêtés pendant ces trois longues journées. Le plus embêtant est bien le retard que cela implique dans notre planning déjà très serré ! Mais en Afrique, la population a un rapport au temps très différent du notre. Ici, le temps ne compte pas, ou plutôt ne se compte pas sur la même échelle : c’est ce que nous essayons d’expliquer à nos élèves, impatients de rentrer dans le vif du sujet. Autre embuche qui commence à poindre : le nouveau container où se trouve tout notre matériel. Ce fameux container qui nous a occasionné tant de misères avant le départ, où est-il ? Il est arrivé au port de Cotonou mais n’en n’est toujours pas sorti. Un petit sentiment de déjà vu … Pourquoi ce retard ? Nous apprenons que la salle de dédouanement où sont archivés les papiers des containers a brûlé, donc impossible de le dédouaner et donc de le faire sortir au plus vite. Cette fois-ci, nous disposons au moins  du matériel que nous n’avions pas pu récupérer à temps l’année précédente, seules les nouvelles batteries vont nous faire défaut. Les premières journées sont donc déjà assurées : nous pourrons installer ce matériel qui nous attendait depuis la dernière mission. Nous pourrons tenir le programme, les éclairages solaires seront posés, Augustin le responsable de l’ONG les mille lucioles réceptionnera le container après notre départ et n’aura qu’à mettre en place les batteries sur les installations déjà testées. Tout s’est bien déroulé par la suite. Temps très chaud, régulièrement entre 40 et 45 °C. Si nous avions tenté de nous y préparer, la chaleur n’en demeure pas moins accablante et difficile à supporter. Nous sommes alors confrontés à un turnover de malades (mais sans atteindre le nombre et la gravité de l’année précédente). En revanche, toujours cet accueil extraordinaire dans les écoles et les villages, qui fait complétement oublier les soucis de logistique, la chaleur, la fatigue, qui donne la chair de poule et qui fait monter les larmes aux yeux. C’est encore plus émouvant à l’orphelinat de Ouénou, où les enfants semblaient nous attendre depuis l’année dernière, nous demandant des nouvelles des élèves de la mission précédente, tellement heureux de pouvoir faire une partie de foot avec nous ou nous chanter quelques chansons spécialement composées pour nous depuis l’année passée. Une dernière surprise nous attendait à Cotonou le jour du départ : nous apprenons qu’il n’y aura pas d’avion le soir pour rentrer en France, et qu’il faut patienter au moins jusqu’au lendemain. A Paris, même problème, pas de correspondances, nous finissons alors le voyage en train, des souvenirs fabuleux plein la tête. Voilà, une nouvelle mission se termine, et nous pensons déjà à la suivante avec toujours le même objectif : réunir le budget le plus rapidement possible pour expédier le container au plus tôt et ainsi éviter tous les aléas que nous avons trop souvent rencontrés.