Impressions après un premier voyage au Bénin, par Lionel Saucède

 

Revenu depuis peu de son expédition au Bénin en avril 2009, Lionel Saucède, le « petit nouveau » de l’équipe, revient sur les moments extraordinaires qu’il a vécu là-bas.

 » Partir au Bénin, c’est voyager dans l’espace mais aussi dans le temps.

C’est voir l’état de pauvreté et de dénuement dans lesquels la population vit.

C’est être confronté à nos responsabilités, passées et présentes.

C’est vivre un peu cette misère.

C’est comprendre, par exemple, le confort d’une simple douche après s’être lavé pendant une semaine avec un seau et un bol.

C’est voir de façon tangible les inégalités insupportables de notre monde.

C’est voir aussi leur dignité face à cette injustice.C’est voir leur force, leur joie de vivre, leur spontanéité, leur beauté.

C’est ressentir la chaleur et la sincérité des relations.

C’est retrouver l’essence de la vie.

C’est remettre les choses à leur juste place, retrouver le sens des priorités et un rythme qui semble si naturel.

C’est faire de belles rencontres avec des gens qui ont la force de leur engagement.

C’est donner peu et beaucoup à la fois.

C’est se souvenir de l’accueil chaleureux, des danses et des chants, de l’évènement que représente notre venue, de cette phrase : « grâce à cette installation (quatre néons dans une salle de classe…) notre village devient une ville ».

C’est se rappeler des orphelins s’agrippant à nous le jour de notre arrivée.

C’est l’espoir d’avoir éveillé des consciences parmi les élèves venus avec nous. Et celui d’avoir participé, ne serais-ce qu’un peu, aux changements de ce pays.

C’est partir en sachant que le rythme de notre vie nous rattrapera très vite, que l’on perdra à nouveau le sens de l’essentiel, mais que, malgré tout, un bout d’Afrique restera en nous.

C’est s’en aller en sachant que l’on laisse quelque chose derrière nous : pas seulement de l’éclairage ou du matériel … »

Lionel Saucède

Projets 2009

L’association « Lumières Partagées » œuvre entre autres pour le développement de l’éducation et de la santé dans les régions de brousse du Bénin. Lors de ses missions précédentes, l’association a équipé de nombreuses salles de classe en éclairage solaire ainsi qu’un dispensaire, un internat et un orphelinat. Aujourd’hui, deux projets sont à l’étude, dont un totalement innovant par rapport à nos actions passées : le purificateur d’eau et les lampadaires solaires. La particularité de notre association est que nous amenons, lors de nos missions, des élèves ou des étudiants de lycées ou d’autres centres de formation (Marseille ou alentours) pour réaliser la pose de notre matériel. Lumières partagées s’affranchit donc à la fois d’une mission humanitaire et d’une mission pédagogique. Nos étudiants sont d’autant plus impliqués qu’ils participent à l’élaboration des installations dans le cadre de leur projet de fin d’étude.

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Mission 2008

   Notre mission commence le 2 avril 2008 à l’aéroport de Marseille Provence, avec une équipe composée de sept étudiants (BTS électrotechnique et Technico-commercial) et de quatre accompagnateurs. Après un transit par l’aéroport Charles de Gaulle, notre arrivée s’est faite 6h plus tard à Cotonou. Premier choc en descendant de l’avion sur le tarmac : 35 °C, très humide, l’air semble épais, les élèves sont très surpris et nous nous demandons tous comment nous allons réussir à nous y habituer pour mener à bien notre mission. Deuxième surprise, les bagages ne sont pas arrivés pour neuf d’entre nous. C’est la deuxième fois que nous y sommes confrontés, à cette attente devant le tourniquet à bagages. Amusés au début, nous le sommes un peu moins quand ce dernier s’arrête au bout d’une heure … Le prochain vol en provenance de la France est dans 3 jours : nous voilà coincés à Cotonou pour 3 jours, sans affaires. Les plus prudents, anciennes victimes d’Air-France, avaient prévus un nécessaire de 1er secours dans leur bagage cabine. Les autres ont été plutôt très embêtés pendant ces trois longues journées. Le plus embêtant est bien le retard que cela implique dans notre planning déjà très serré ! Mais en Afrique, la population a un rapport au temps très différent du notre. Ici, le temps ne compte pas, ou plutôt ne se compte pas sur la même échelle : c’est ce que nous essayons d’expliquer à nos élèves, impatients de rentrer dans le vif du sujet. Autre embuche qui commence à poindre : le nouveau container où se trouve tout notre matériel. Ce fameux container qui nous a occasionné tant de misères avant le départ, où est-il ? Il est arrivé au port de Cotonou mais n’en n’est toujours pas sorti. Un petit sentiment de déjà vu … Pourquoi ce retard ? Nous apprenons que la salle de dédouanement où sont archivés les papiers des containers a brûlé, donc impossible de le dédouaner et donc de le faire sortir au plus vite. Cette fois-ci, nous disposons au moins  du matériel que nous n’avions pas pu récupérer à temps l’année précédente, seules les nouvelles batteries vont nous faire défaut. Les premières journées sont donc déjà assurées : nous pourrons installer ce matériel qui nous attendait depuis la dernière mission. Nous pourrons tenir le programme, les éclairages solaires seront posés, Augustin le responsable de l’ONG les mille lucioles réceptionnera le container après notre départ et n’aura qu’à mettre en place les batteries sur les installations déjà testées. Tout s’est bien déroulé par la suite. Temps très chaud, régulièrement entre 40 et 45 °C. Si nous avions tenté de nous y préparer, la chaleur n’en demeure pas moins accablante et difficile à supporter. Nous sommes alors confrontés à un turnover de malades (mais sans atteindre le nombre et la gravité de l’année précédente). En revanche, toujours cet accueil extraordinaire dans les écoles et les villages, qui fait complétement oublier les soucis de logistique, la chaleur, la fatigue, qui donne la chair de poule et qui fait monter les larmes aux yeux. C’est encore plus émouvant à l’orphelinat de Ouénou, où les enfants semblaient nous attendre depuis l’année dernière, nous demandant des nouvelles des élèves de la mission précédente, tellement heureux de pouvoir faire une partie de foot avec nous ou nous chanter quelques chansons spécialement composées pour nous depuis l’année passée. Une dernière surprise nous attendait à Cotonou le jour du départ : nous apprenons qu’il n’y aura pas d’avion le soir pour rentrer en France, et qu’il faut patienter au moins jusqu’au lendemain. A Paris, même problème, pas de correspondances, nous finissons alors le voyage en train, des souvenirs fabuleux plein la tête. Voilà, une nouvelle mission se termine, et nous pensons déjà à la suivante avec toujours le même objectif : réunir le budget le plus rapidement possible pour expédier le container au plus tôt et ainsi éviter tous les aléas que nous avons trop souvent rencontrés.

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Mission 2008 : le départ …

Un container contenant pas moins de deux tonnes de matériel quitte le port de Marseille ce matin, le 3 Mars 2008. La traversée durera environ 19 jours, à condition que la météo soit favorable … A son arrivée, il sera pris en charge par Augustin OPOSSI, Président de l’ONG « les Mille Lucioles« , qui l’acheminera au siège de l’ONG à Boukoumbé, lieu de notre camp pour notre mission du 2 au 19 avril 2008. Voici le contenu du container que nous avons pu remplir en partie grâce à vos dons : kits solaires lampes à pétrole matériel médical, dont : 10 fauteuils roulants-lits médicalisés déambulateurs-béquilles cannes anglaises matériel scolaire, dont : livres, cahiers crayons, stylos vélos meubles machines à coudre 9 vélos vêtements et chaussures 2 ordinateurs jouets

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